Égypte : un prêt du FMI de 12 milliards de dollars contre des réformes douloureuses

 Égypte : un prêt du FMI de 12 milliards de dollars contre des réformes douloureuses



L’économie égyptienne est au bord du gouffre. N’ayant plus reçu d’argent depuis un an de la part de ses financiers traditionnels duGolfe, l’Égypte s’est tournée, contrainte et forcée, vers le Fonds monétaire international (FMI). 

Ce dernier lui a accordé un prêt de 12 milliards de dollars. Mais à quel prix ?

Des réformes douloureuses

« Les Égyptiens vont avoir faim pour stabiliser l’économie », a prévenu récemment le Président Abdelfattah El Sissi, selon des propos rapportés par le New York Times (NYT). De son côté, le gouverneur de la Banque centrale égyptienne, Tarek Amer, a affirmé, lors de la conférence de presse annonçant le prêt, que « nous devons rester unis et se supporter les uns les autres pour un temps ».

Ces déclarations montrent à quel point les conditions imposées par le FMI sont drastiques : dévaluation de la livre égyptienne, hausse des impôts (notamment de la TVA), baisse des subventions, débureaucratisation, et mesures d’austérité drastiques et « douloureuses », estime le quotidien américain. La conférence de presse était particulièrement « morose », indique le correspondant du NYT.

Les réformes économiques structurelles, longtemps repoussées par le gouvernement égyptien, seront profondes. Elles visent, officiellement, à booster et« stabiliser l’économie, soutenir une croissance forte, durable et créatrice d’emploi », selon les termes du communiqué du FMI rapportés par le Washington Post. Le prêt devrait s’étaler sur trois ans et s’est fait à la demande du gouvernement égyptien, précise la même source.

Dans les faits, l’Égypte devra faire des concessions pour recevoir les trois tranches de ce prêt, dont la première pourrait être octroyée dès le moins de septembre, selon le chef de la mission du FMI en Égypte, Chris Jarvis, indique l’agence Reuters. Ces concessions comprennent notamment une plus grande transparence dans les dépenses publiques, avec des rapports périodiques adressés au parlement : « Nous adresserons des rapports plus fréquents et plus détaillés sur la condition économique du pays », promet le vice-ministre des Finances égyptien, Ahmed Kouchouk.

Un coût social élevé

Comme en attestent les déclarations des responsables gouvernementaux, ce plan d’aide aura un coût social élevé. Les prix de l’électricité et de l’alimentation ont déjà augmenté, mais ce prêt implique de nouvelles coupes dans les subventions.

« Le soutien des prix de l’énergie doit continuer à être réduit (…) pour que l’Égypte augmente ses revenus », déclare Chris Jarvis dans une interview téléphonique au New York Times. Ainsi, le coût social de ce soutien financier sera élevé. Le gouvernement égyptien veut donc utiliser « les hausses de revenus afin d’augmenter les subventions aux produits alimentaires et les programmes sociaux pour les pauvres », selon la même source.

Enfin, beaucoup d’Égyptiens sont inquiets et sceptiques face à ce prêt : ils ont particulièrement peur que ces coupes dans les subventions ne génèrent une inflation galopante, provoquant ainsi des émeutes, rappelle le quotidien américain. 

 

TSA 

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