Enseignement Supérieur : commissions, encore des commissions ou comment noyer le poisson

Enseignement Supérieur : commissions, encore des commissions ou comment noyer le poisson

Jelassi, Ministre de l’Enseignement Supérieur au gouvernement Jomaa, dépéché en grande pompe de Paris pour faire bouger les choses, a réuni des commissions à Hammamet et Monastir un certain été 2014 et a rendu publics les résultats de leurs travaux sur la carte universitaire, l’autonomie des universités etc… on attendait les décrets d’application pour la rentrée 3014-2015. Rien n’est arrivé. Les résultats sont restés lettres mortes.
Bouden était le calme plat, on parle de reformes mais on ne fait rien. L’université sombre, et si ce n’était la bonne volonté, le reste d’un instinct nationaliste les choses seraient pires.
On ne veut plus d’autres commissions, d’UNE AUTRE GRANDE REUNION annoncée pour Juin 2017. On annone 1000 participants. Ça sera le grand show dans un grand hôtel cinq étoiles et des discours, avec le Chef du Gouvernement en tête, et une affaire de com pour le Ministre.
On va nous servir encore une fois du réchauffé, les quelques « mesurettes » que le Ministre a déjà annoncé comme allègement des examens a déjà été entamé.
Sans commissions, sans grandes pompes, sans experts étrangers (souvent des amis à qui on renvoie l’ascenseur), qu’on paie avec l’argent du contribuable, voilà ce que le Ministre pourrait décréter aujourd’hui, maintenant :
1. Décrets pour déléguer quelques pouvoirs de décisions aux présidents des Universités.
2. Coopérer avec les médias pour montrer les activités des clubs culturels
3. Pénaliser l’absentéisme des agents d’administration, d’enseignants et des étudiants
4. Augmenter les subventions accordées aux chercheurs qui participent à des conférences réputées dans leurs domaines.
5. Décrets pour interdire la fuite vers les pays du Golfe après obtention du Doctorat ou après promotion. Obliger les docteurs et les promus à travailler aux moins pendant quatre années avant de leur donner la permission de partir.
6. Création d’un fond pour « aide à l’innovation » qui donne plus de moyens aux labos, les chercheurs qui innovent et qui contribuent à la promotion de la connaissance à l’échelle internationale.
7. Arrêter les bourses à l’étranger. La coopération peut se faire sur place. Que faire de nos meilleurs étudiants nous revient à nous. C’est notre richesse nationale avec le phosphate et l’huile d’olive. Même si on est obligé de les exporter il faudrait revoir les termes du contrat
8. Donner la permission à quelques institutions, vu le profil exigés à l’entrée, de faire passer aux nouveaux bacheliers des tests d’admission.
9. Augmenter le nombre d’heures d’enseignement pour les universitaires qui n’encadrent pas, ne participent pas aux conférences, ne publient pas et refusent de siéger dans les jurys.
10. Création d’un fond pour rénover et augmenter la capacité d’accueil des cités universitaires.
Il y a d’autres mesures urgentes qui prendraient une journée de travail réunissant le ministre avec les cadres des services financiers et juridiques qui sont très compétents et qui n’attendent qu’une volonté politique pour bouger.
Ces mesures entrent dans les prérogatives du MINISTRE. Dire que je suis en train d’attendre les résultats des travaux de je ne sais combien de commissions, avec des experts étrangers qui vont nous dire ce qu’on sait déjà, c’est faire du sur-place, donner l’impression qu’on fait des choses, c’est noyer le poisson. C’est être un Ministre à oublier.

Tahar Labbassi

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