Agression homophobe à Tunis : A quoi ça sert de porter plainte ? S’interroge la victime

Agression homophobe à Tunis : A quoi ça sert de porter plainte ? S’interroge la victime

Les agressions homophobes sont un peu le pain quotidien des personnes LGBT en Tunisie. Il est difficile de dresser un tableau clair car les chiffres officiels sont absents mais rares sont les jours où l’on n’entend pas parler d’arrestations ou de violences à l’égard de personnes homosexuelles. La loi n’aidant pas avec un article du code pénal tunisien (art-230) qui condamne l’homosexualité, la situation de beaucoup de jeunes homosexuels tunisiens est précaire et alarmante. Il y a deux jours, Badr, rentrait chez lui après avoir pris un café au centre ville de Tunis quand une voiture s’est arrêtée près de lui. « J’étais du côté du TGM quand le conducteur de la voiture qui s’est arrêtée m’a demandé où se trouvait la rue de Palestine ». Badr est monté avec l’homme pour lui indiquer la rue qui n’était pas loin. « A un moment au lieu de tourner, il a continué tout droit et il ne voulait pas s’arrêter » ajoute-t-il. Le jeune homme s’est retrouvé dans un endroit qu’il ne connaissait pas. Le conducteur le fit entrer de force dans une maison où plusieurs individus ont essayé de le violer. « Ils voulaient m’obliger à avoir des rapports avec eux et quand j’ai dit non, ils m’ont tabassé »… « Je me suis mis à hurler ‘ils vont me tuer’ et à frapper sur la porte, les voisins sont venus, ils ont forcé la porte » nous confie-t-il. Le visage ensanglanté, il est sorti dans la rue où un chauffeur de taxi l’a emmené aux urgences. A la question s’il avait porté plainte, Badr a répondu : « ce n’est pas la première fois que je me fais agresser. J’ai été déjà tabassé avec une barre de fer à Monastir, j’ai porté plainte et j’ai eu un certificat médical attestant des blessures. Quand je suis sorti de l’hôpital mon agresseur était dehors, il était là. A quoi ça sert de porter plainte ? ». Après une vidéo où il dénonce sa dernière agression, les gens reconnaissent son visage dans la rue et leurs commentaires sont parfois aussi acerbes et haineux que l’agression qu’il vient de subir.  L’association Shams a fortement condamné cette agression qu’elle qualifié de « Sanguinaire et homophobe ». Elle a également promis de poursuivre en justice les agresseurs et a tenu pour responsable le gouvernement tunisien « qui a failli a son obligation de protéger les minorités sexuelles » estime-t-elle.   Hajer Boujemâa

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