Le gouvernement vise à réaliser un taux de croissance économique de 4,5 à 5,5 pc et maîtriser le déficit budgétaire à 3 pc à l’horizon 2021

  Le gouvernement vise à réaliser un taux de croissance économique de 4,5 à 5,5 pc et maîtriser le déficit budgétaire à 3 pc à l’horizon 2021





/Photo Mohssine Idrisssi

 

Le gouvernement vise à réaliser un taux de croissance économique compris entre 4,5 et 5,5 pc et à maîtriser le déficit budgétaire à 3 pc du PIB à l’horizon 2021, a affirmé mercredi le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani.

 

M. El Othmani, qui présentait le programme gouvernemental devant les deux Chambres du Parlement réunies en séance commune, a souligné que sur le plan des indicateurs macro-économiques, le gouvernement œuvrera également à réduire le taux d’endettement de la trésorerie à moins de 60 pc du PIB, le taux de l’inflation à moins de 2 pc et le taux de chômage à hauteur de 8,5 pc.

 

Détaillant le troisième axe du programme gouvernemental consacré au développement du modèle économique, la promotion de l’emploi et le développement durable, il a indiqué que l’action du gouvernement tendra à concrétiser une croissance forte et durable à même de permettre au Maroc d’intégrer le cercle des pays émergents, de renforcer la compétitivité de l’économie nationale et de consolider le développement durable.

 

L’entreprise étant le levier fondamental du développement, le gouvernement, a-t-il dit, place en tête des priorités la simplification de la vie de l’entreprise et des procédures complexes sur lesquels elle butte, outre l’instauration d’un climat compétitif, attractif des investissements et favorable à l’innovation, de manière à lui permettre de mieux focaliser sur sa principale mission, en l’occurrence la création de la richesse et d’opportunités d’emploi productif.

 

Le gouvernement, a-t-il ajouté, oeuvrera également à appuyer et à renforcer le tissu entrepreneurial, en particulier les toutes petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME) et à consacrer le système de la préférence nationale des entreprises, en plus de la mise en place d’un cadre incitatif et innovant.

 

En vue de renforcer la compétitivité de l’économie nationale et de poursuivre l’amélioration du climat des affaires, M. El Othmani a souligné que le gouvernement s’est fixé comme objectif de permettre au Maroc d’intégrer le cercle des 50 premières économies mondiales dans l’indice Doing Business à l’horizon 2021.

 

La réalisation de cet objectif passe par la transformation structurelle du tissu économique et l’incitation à l’investissement à travers la promotion du secteur industriel et de l’entreprise au moyen de la poursuite de la mise en œuvre et de l’appui au plan de l’accélération industrielle 2014-2020, a expliqué le chef du gouvernement.

 

M. El Othmani a indiqué que le programme gouvernemental propose une batterie de mesures dans ce cadre, dont l’accélération de la cadence de mise en œuvre du nouveau plan de la réforme de l’investissement, en particulier l’activation du système fiscal incitatif relatif aux nouvelles sociétés industrielles et aux grandes industries exportatrices et l’adoption d’une nouvelle charte de l’investissement.

 

Il a également cité l’accélération de la fusion des instances publiques soutenant et encourageant l’investissement, l’exportation et la promotion, la mise en place d’un cadre financier spécifique pour les petites et moyennes entreprises industrielles, nouvellement créées et émergentes, qui investissent dans des secteurs prometteurs, ainsi que le soutien des TPE pour améliorer leur compétitivité en accompagnant 20.000 entreprises, dont 500 pionnières, et l’élaboration d’une stratégie nationale pour intégrer le secteur privé non structuré.

 

Il s’agit également de la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie du e-Maroc 2020 et de la mise en application de la réforme de la loi bancaire qui prévoit la création de financements alternatifs dans le cadre de la finance participative en vue de mobiliser davantage l’épargne et mettre en place de nouveaux mécanismes de financement, outre le soutien et l’accompagnement de la vision régionale du pôle financier de Casablanca et le renforcement des stratégies sectorielles relatives aux secteurs productifs dans les domaines de l’agriculture, de la pêche maritime, des énergies et des mines.

 

Le gouvernement table également sur la poursuite de la mise en place du Plan Maroc Vert, le renforcement de la viabilité de l’agriculture solidaire, l’encouragement des industries agroalimentaires ou encore la mise en place du programme 2017-2021 pour les projets pilier II de l’agriculture solidaire. Ce programme concerne 297 projets pour un montant de 6,5 milliards de dirhams et bénéficie à 130.000 petits agriculteurs.

 

De même, M. El Othmani a cité le renforcement du leadership du Maroc dans le domaine du phosphate et la mise en place d’une cadre légal, administratif et organique pour encourager l’investissement dans les secteurs minier et des matières pétrolières et du gaz naturel, en particulier à travers l’introduction de nouvelles mesures incitatives dans le cadre de la loi de finances et de la Charte d’investissement.

 

En outre, l’effort du gouvernement sera focalisé, selon M. El Othmani, sur la poursuite de la mise à niveau de l’équipement, le renforcement de l’investissement dans les infrastructures et la logistique et le développement du système du transport et la promotion des exportations nationales.

 

Il s’agit également, a-t-il dit, de donner une nouvelle impulsion au secteur du tourisme à travers le déclenchement d’une dynamique d’investissement et la poursuite du programme prévu dans le cadre de la vison 2020, en particulier à travers la mise en place d’un code incitatif de l’investissement touristique.

 

Le programme gouvernemental ambitionne également la mise en place d’une réforme globale du secteur foncier de manière à favoriser sa gouvernance et faciliter sa mobilisation au service des projets d’investissement, ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle pour limiter la spéculation responsable de la hausse des prix, l’accélération de l’appropriation des terrains situés à l’intérieur des périmètres d’irrigation aux ayants droit exploitants, avec la révision des textes régissant l’expropriation de manière à renforcer la protection des droits des propriétaires.

 

Dans le domaine de la promotion de l’emploi et de l’insertion professionnelle, le programme gouvernemental fixe parmi les priorités la promotion de l’emploi et des relations du travail, l’amélioration des programmes de la promotion de l’emploi et la performance de ses institutions ainsi que des conditions de travail à travers la mise en oeuvre de la stratégie de l’emploi l’horizon 2025 tout en assurant sa complémentarité avec les stratégies sectorielles, outre le renforcement du rôle des régions et des collectivités territoriales en la matière.

 

M. El Othmani a notamment mis l’accent sur la détermination du gouvernement de lier le système de l’éducation et de la formation et les efforts de la lutte contre l’analphabétisme à l’emploi, la révision des mécanismes d’intermédiation, qu’il s’agisse de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) ou d’autres institution d’intermédiation du secteur privé, l’évaluation de la performance et de l’efficacité de l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises, et l’amélioration des mesures incitatives sectorielles et spatiales.

 

Le chef du gouvernement a révélé la mise en place d’un programme de promotion de l’auto-emploi des jeunes dans les zones rurales à travers des appels à projets destinés à cette catégorie et l’octroi d’un appui financier aux projets retenus avec un accompagnement des bénéficiaires, le renforcement de l’employabilité à travers la mise en place d’un système de stages dans les administrations, les établissements publics et les collectivités territoriales, outre la mise en œuvre des dispositions du décret relatif aux marchés publics visant à réserver 20 pc des appels d’offres aux PME.

 

Par ailleurs, le programme gouvernemental tend à poursuivre le développement et l’adaptation de la législation du travail, la promotion du travail digne, la consécration de relations professionnelles stables à travers la révision du code du travail selon une approche participative inclusive, le renforcement de l’inspection du travail, l’extension du contrôle aux établissements concernées par la légalisation sociale ainsi que l’élargissement et l’amélioration de la protection sociale et de la couverture médicale.

 

Dans ce contexte, le gouvernement oeuvrera, a ajouté M. El Othmani, pour la promulgation du régime de la couverture sociale des travailleurs indépendants et des personnes exerçant des professions libérales, l’amélioration et la simplification des conditions pour bénéficier des indemnités pour perte de travail et la réalisation d’une réforme globale et durable du régime des pensions.

 

Dans le but de consolider le développement durable et la mise à niveau environnementale, M. El Othmani a fixé les principaux axes du programme gouvernemental pour la mise en œuvre de la Stratégie nationale du développement durable et la réhabilitation environnemental et des dispositions de la loi cadre comme étant une Charte nationale de l’environnement et du développement durable, le soutien de la politique nationale dans le domaine du changement climatique et le renforcement de l’offre en eau.

 

Le chef du gouvernement a mis l’accent également sur l’adoption d’un plan national pour l’eau et la mise en œuvre de son programme, la poursuite du renforcement de l’infrastructure et les équipements hydriques à travers la réalisation de 15 grands barrages programmés à la hauteur de 3 barrages par an pendant la période 2017/2021 et la construction de 10 petits barrages par an afin de contribuer à répondre aux besoins du monde rural en eau potable, l’irrigation et l’alimentation de la nappe phréatique.

 

Il a, à cet égard, fait part de la volonté du gouvernement de consacrer le modèle marocain dans le domaine des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique à travers la mise en œuvre et l’accélération des plans relatifs aux énergies renouvelables, en application des Hautes orientations royales et ce, pour augmenter la part des énergies renouvelables de 42 pc en 2020 à 52 pc à l’horizon de 2030, la finalisation de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’efficacité énergétique, la mise en œuvre de la première tranche de cette stratégie dans le cadre d’un contrat-programme pour la période 2017/2021 entre l’agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE), le gouvernement et les collectivités territoriales.

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