L’UE préoccupée par la situation des droits de l’homme en Algérie

  L’UE préoccupée par la situation des droits de l’homme en Algérie





-MAP

 

L’Union européenne (UE) est préoccupée par la situation des droits de l’homme en Algérie et insiste dans le cadre de son dialogue politique avec ce pays sur la nécessité de respecter les libertés fondamentales, a souligné la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini.

 

Répondant à la question d’un eurodéputé sur les violations des droits de l'homme en Algérie, Mme Mogherini a souligné que l’UE évoque ''systématiquement les questions préoccupantes des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans le cadre de son dialogue politique avec l'Algérie''.

 

Dans sa question, le député Urmas Paet a indiqué que la réforme ''tant attendue'' de la constitution algérienne n'a pas amélioré la situation des droits de l’homme dans ce pays, interpellant la vice-présidente de la Commission européenne sur ''les attaques devenues de plus en plus fréquentes contre les défenseurs des droits de l'homme et ceux qui se sont prononcés contre les politiques et les actions du gouvernement ou qui appartiennent à des minorités''.

 

L'Algérie, a relevé le député européen, a également ''refusé l’accès à son territoire aux représentants d'un certain nombre d'organisations internationales de défense des droits de l'homme et à des journalistes''.

 

Le député appelle la commission européenne à agir pour persuader l'Algérie à mettre fin ''aux détentions massives et aux poursuites à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme et à faire preuve d’une réelle volonté de respecter les libertés fondamentales''.

 

Le député européen a même suggéré à la commission européenne de subordonner le financement de projets dans ce pays au respect des principes politiques et des droits de l'homme.

 

La situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales en Algérie est au centre de débats au niveau des institutions européennes et des organismes de défense des droits de l’homme depuis plusieurs années.

 

En avril 2015, le parlement européen avait adopté une résolution sur l'incarcération de militants des droits de l'homme et des travailleurs en Algérie.

 

Dans cette résolution, le parlement européen s’est dit préoccupé par le harcèlement et l'intimidation de militants pour le droit au travail et défenseurs des droits de l'homme, demandant aux autorités algériennes d'assurer et de garantir le droit à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique.

 

Le parlement européen invite également la vice-présidente de la Commission et haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi que les États membres de l'Union à s'assurer de l'existence d'une politique européenne claire à l'égard de l'Algérie qui comporte un dialogue sur les droits de l'homme.

 

L’ONG Euromed Droits a à maintes reprises attiré l’attention sur les violations flagrantes des droits de l’homme en Algérie et appelé les autorités à garantir le respect des libertés syndicales et de la liberté d’expression et d’association.

 

A l’occasion du dernier conseil d’association UE-Algérie tenu en mars dernier à Bruxelles, elle a initié une déclaration conjointe avec plusieurs organisations des droits de l’homme à travers le monde pour attirer l’attention sur la situation alarmante des droits de l’homme dans ce pays.

 

Dans cette déclaration, EuroMed Droits, Front Line Defenders, la FIDH, l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), l’Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme et Solidar ont interpelé l’Union européenne sur les graves violations des droits de l’Homme commises par les autorités algériennes.

 

Ces ONGs relèvent également que plusieurs groupes de travail internationaux ont tenté de se rendre en Algérie en diverses occasions, mais qu’ils en ont été empêchés et qu’ils n’ont pas pu obtenir de visas d’entrée. Des journalistes étrangers ont aussi rencontré des difficultés pour obtenir des visas afin de se rendre dans le pays, alors qu’un certain nombre de demandes déposées par les détenteurs d’un mandat des Nations Unies est toujours en attente, rappellent-ils.

La source : ici